Il
faut parfois peu de choses pour passer de l'ombre à la lumière
ou du printemps à l'hiver. Forts physiquement et au dessus
de leurs adversaires techniquement, les joueurs de l'AS Saint Aignan
débutaient la partie en fanfare... Le reste de la partition
dépendait en partie du chef d'orchestre.
A peine deux minutes de jeu et Maxime Lorier, curieusement
seul sur le coté gauche à l'entrée de la surface
de réparation adverse, ouvrait le score d'une frappe du plat
du pied gauche. Dominateurs sur le plan technique, les locaux commençaient
à prendre l'ascendant sur le jeu, imprimant un rythme et
un style digne de ce premier jour de printemps. Il ne fallut que
10 minutes pour que les verts alourdissent le score par Mickaël
Renaud d'une belle frappe tendue.
On pensait le match joué mais comme souvent, un peu grisés,
un peu déconcentrés, les locaux lachaient leur emprise
sur le match. A la 35ème minute, une belle incursion des
joueurs de Nuillé leur permettaient de remonter au tableau
d'affichage et de se refaire un moral que l'on sentait quelque peu
en berne après les deux buts encaissés. 5 minutes
plus tard c'est Yohann Maugendre qui ne laissait aucune chance au
portier de Nuillé en plaçant un tir puissant du pied
gauche. La mitemps était sifflé sur le score de 3
à 1 en faveur de l'AS Saint-Aignan.
La mi-temps permettait à la société Lorier
d'offrir le ballon du match.
Au retour des vestiaires, la physionomie du match changeait complètement.
Imprécis, approximatifs, les locaux perdaient leur football
sous les coups des joueurs adverses. Par deux fois, Nuillé
revenait au score souvent après une âpre lutte au milieu
de terrain. Alors que l'arbitre venait d'annoncer un temps additionnel
de 4 minutes, une faute était commise dans la surface de
réparation par un défenseur de Nuillé. Le pénalty,
tiré par Maxime Lorier, était à retirer, un
joueur de Nuillé ayant pénétré dans
la surface avant le tir. Maxime, imperturbable, tirait une seconde
fois au but et donnait ainsi l'avantage à l'AS. Je tairais
le flot de noms d'oiseaux que j'ai entendu à cet instant
envers l'arbitre.
Sur l'engagement, Nuillé déboulait dans la surface
de Franck et obtenait un corner. Celui-ci, rapidement joué,
surprit les défenseurs de l'AS et Raphaël fit une main
que l'arbitre sanctionnait par un penalty. Tout le monde retenait
son souflle. L'attaquant de Nuillé ne trembla pas et égalisa
au score.
La fin du match était donc sifflé sur un score nul
qui au final reflétait un match à deux visages : emprise
et timidité. |